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Luc Lafontaine : l’entrepreneuriat est d’abord une affaire de cœur

Luc Lafontaine
Luc Lafontaine Mentor

Luc Lafontaine est en affaires depuis plus de 30 ans. Trois décennies de montagnes russes émotionnelles et d’apprentissages. C’est dans cette optique qu’il est devenu mentor.

Luc Lafontaine est un spécialiste de l’informatisation du service à la clientèle. Son entreprise, ACTCELL Consultant, a vendu des logiciels CRM à de nombreuses PME de 300 employés et moins.

« La technologie permet de conserver la mémoire d’une entreprise lorsqu’elle renouvelle ses équipes, dit-il. Dans le contexte, j’ai commencé à offrir des services de coaching et donné des cours aux dirigeants de PME. Je me suis progressivement réaligné vers le mentorat pour entrepreneurs, parce qu’on parle davantage des questions émotionnelles que des besoins de l’entreprise. Car l’entrepreneur m’intéresse davantage que sa business. »

Pour Luc Lafontaine, un entrepreneur, c’est plus qu’un être humain avec des chiffres… C’est une personne qui vit beaucoup d’émotions. « Il faut le sortir de son isolement et échanger sur la façon dont il vit son expérience entrepreneuriale, ajoute-t-il. Les gens ne comprennent pas les réalités d’un entrepreneur. S’il fait un bon coup, il le partage. S’il vit quelque chose de négatif, il le garde en dedans. »

M. Lafontaine a fait beaucoup de réseautage dans sa vie. Il a pu observer comment les entrepreneurs se comportent au quotidien. « Je n’ai jamais vu un entrepreneur dire publiquement qu’il a perdu un gros contrat, dit-il. Car, dans les faits, les entrepreneurs vivent très difficilement ce genre de situation. Ça les ronge de l’intérieur. Certains finissent par faire des burnout. C’est pour cela qu’ils doivent discuter de leur réalité avec quelqu’un qui les comprend. »

Il le dit tout net : il ne s’intéresse pas à l’entreprise de ses mentorés; il ne veut même pas connaître leur chiffre d’affaires! « Moi, ce que je veux savoir, c’est comment ils vibrent intérieurement. Ça compte, car ils ne peuvent échanger avec leur conjoint, leurs collègues, leurs chefs de service. Et ils vivent une montagne russe émotionnelle perpétuelle. »

Les entrepreneurs vivent tout un high quand ils remportent un contrat. Ils vont travailler 60 heures par semaine sur ce même contrat et, tout à coup, survient une épreuve : ça fait mal. « Certains le prennent très personnel, poursuit-il. Ils vivent un sentiment de rejet : ils avaient un bon fit avec le client. Que s’est-il passé? »

Le mentorat permet de travailler sur la confiance, l’estime de soi. « D’autant plus que tous les entrepreneurs ne sont pas des leaders naturels, dit-il. Même si ce sont souvent des conquérants, je vais voir derrière leur armure. Certes, en affaires, tu en as besoin d’une armure. Mais pour être une personne complète et équilibrée, en pleine possession de ses moyens, il faut aussi que l’autre part de soi puisse s’exprimer… »

La vulnérabilité n’est pas une valeur facile à exprimer dans le merveilleux monde des affaires. Surtout chez les hommes. Même en 2022.

Luc Lafontaine en sait quelque chose. Il y a quelques années, on lui a diagnostiqué une forme d’épilepsie. Du jour au lendemain, il a dû consulter un neurologue, perdu son permis de conduire (il l’a récupéré depuis), pris des médicaments dont les effets secondaires ont affecté sa qualité de vie, notamment son intimité. « Ce genre de réalité, c’est un tabou chez les entrepreneurs, constate-t-il. Pourtant, ça fait partie de la vie. Un entrepreneur n’est pas différent des autres humains. »

La plupart de ses mentorés sont des femmes. « En affaires, les femmes portent une carapace plus lourde que les hommes, analyste-t-il. Pour un gars, c’est acquis qu’il ne doit pas pleurer un public. Pour une femme, on est dans une zone grise. Ultimement, en affaires, on ne doit pas montrer ses faiblesses. Jamais. »

Ce n’est pas donné à tous d’être compartimentés. Beaucoup d’entrepreneurs apportent leurs difficultés personnelles au bureau : maladie d’un enfant, problème de couple, de santé… D’autres traînent leurs problèmes d’entreprise à la maison.

« Il faut viser à atteindre un certain équilibre émotionnel, conclut-il. Je ne suis pas psychologue, mais comme mentor, j’établis un certain recul, qui permet au mentoré de trouver par lui-même les solutions à ses problèmes personnels et professionnels. Si tu ne t’occupes pas de toi, de tes émotions, elles vont s’occuper de toi, c’est certain! »

 

Propos recueillis par Stéphane Desjardins

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