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Faut-il être psychologue pour être mentor?

Auteur : Paul Ouellet, mentor, SAGE-Mentorat d'affaires et formateur au Réseau Mentorat.

Au sein du Réseau Mentorat il n’est pas rare d’entendre cette question : « Faut-il être psychologue pour être mentor? » La question est posée à tous les ateliers de perfectionnement, et cela au moment où les mentors découvrent ou redécouvrent que le mentorat s’adresse à l’individu entrepreneur dans son entièreté d’humain et non pas seulement à l’opérateur ou l’opératrice d’entreprises.

Le mentorat prôné par le réseau s’adresse tant à ce que l’entrepreneur est comme individu avec ses valeurs, ses émotions, ses qualités, ses blocages, ses croyances qu’à ce qu’il sait ou ne sait pas, à ce qu’il sait faire ou ne sait pas faire. Le mentor n’accompagne pas l’entreprise comme un consultant peut le faire, il accompagne l’entrepreneur comme personne responsable d’une entreprise. 

Une telle approche nécessite de la bienveillance et de l’empathie pour tout ce que vit et ressent l’entrepreneur. Le mentorat ne vise pas uniquement l’efficacité entrepreneuriale, mais aussi le développement et le bien-être de l’entrepreneur. Nous avons tous entendu parler de la puissance du mental. Cette puissance demande de l’entretien et exige que le mentor s’intéresse aux motivations, aux lassitudes, aux énervements de son mentoré. Bref, à ce qu’il est comme personne. 

Devant cette exigence du mentorat, plusieurs mentors se sentent dépourvus pour aborder avec leurs mentorés des questions plus personnelles. Ils se sentent mal outillés et de là surgit la fameuse question : « Faut-il être psychologue pour être mentor? » La réponse, c’est non!

  1. « Chaque psychologue a réalisé entre 7 et 9 ans d’études universitaires en psychologie. Sa formation lui permet de comprendre le comportement humain et de connaître les meilleurs moyens d’aider ses clients à résoudre leurs difficultés psychologiques. »
  2. « La psychothérapie se définit comme suit : un traitement psychologique pour un trouble mental, pour des perturbations comportementales ou pour tout autre problème entraînant une souffrance ou une détresse psychologique […]. Ce traitement va au-delà d’une aide visant à faire face aux difficultés courantes ou d’un rapport de soutien (envers l’autre). »
  3. « Il existe d’autres interventions qui s’approchent de la psychothérapie, mais qui n’en sont pas : la rencontre d’accompagnement, l’intervention de soutien, l’intervention conjugale et familiale, […] le coaching […].. »1

Le mentorat répond parfaitement à la définition de la rencontre d’accompagnement et de soutien. À ce titre, le mentorat pourrait être ajouté à la liste, tout de suite après le mot coaching. S’intéresser à ce que vit personnellement notre mentoré, à son bien-être intérieur, ce n’est pas jouer au psychologue.

Les craintes des mentors

Mais, alors, pourquoi cette question : « Faut-il être psychologue pour être mentor? » Parce qu’elle exprime deux craintes majeures : la première, celle de ne pas être à l’aise de parler avec son mentoré de son vécu personnel. La deuxième : celle de ne pas se sentir compétent pour aborder des questions plus intimes que le cash flow ou les difficultés de main-d’œuvre.

Comme le mentorat s’adresse à l’humain entrepreneur, il est certain que nos mentorés ont besoin, un jour ou l’autre, de soutien humain autant que professionnel. Alors, comment un mentor peut-il faire face à sa peur d’aborder le vécu personnel du mentoré? On le sait : la peur paralyse.

  1. Accepter de vaincre cette peur et se donner le droit de relever ce défi de l’accompagnement bienveillant, du soutien confidentiel.
  2. S’outiller pour le faire, bref développer ses compétences de mentor. Et ça, c’est plus simple que l’on pense.

De simples phrases comme : « Dis-m’en plus? », « Parle-moi en plus? » peuvent rendre service à nos mentorés d’une manière insoupçonnée. N’hésitons jamais à les utiliser. Enfin, profitons de nos rencontres de mentors pour partager des expériences positives d’échanges plus personnels avec nos mentorés ainsi que du « Comment ça s’est fait? » et « Quelles questions ont été posées? » 

Apprendre à mentorer, c’est apprendre à converser avec quelqu’un en lui permettant de découvrir ses besoins et ses solutions sans lui fournir des réponses toutes faites.

1Source : Extraits du site Web de l’Ordre des psychologues du Québec.

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