Partager, écouter, grandir : comment le Réseau Mentorat a changé ma façon d’entreprendre
Un témoignage de Maxime Tremblay
Comme bien des entrepreneurs, j’ai grandi dans une maison où on parlait souvent d’affaires. Mon père dirigeait sa propre entreprise et c’est en l’observant que j’ai eu la piqûre. Ce goût d’entreprendre. Ce n’est pas tant ce qu’il faisait qui m’inspirait, mais sa façon de construire quelque chose à son image et son rôle de chef d’orchestre.
J’ai démarré ma première entreprise à 21 ans. Quatre ans plus tard, mon père est décédé. Tout un choc. Je perdais mon père, mais aussi une bonne partie de mes repères entrepreneuriaux. C’est à ce moment-là que d’autres personnes ont pris le relais, de façon plus ou moins structurée : des amis de mon père, des entrepreneurs d’expérience avec qui j’ai pu m’asseoir et parler librement. Je mesurais à quel point c’est précieux, d’avoir quelqu’un en face qui comprend, qui écoute et qui questionne.
Quelques années plus tard, j’ai découvert le Réseau Mentorat. À ce moment-là, mon entreprise connaissait une croissance rapide, avec tout ce que ça implique : décisions stratégiques, embauche, gestion d’équipe, doutes et ambitions en collision. Les rencontres avec mon mentor m’ont permis de prendre du recul. De parler des vraies affaires, sans filtre. Je repartais de chaque rencontre avec un peu plus de clarté, parfois avec des pistes concrètes, souvent avec des meilleures questions à me poser.
Ce qui m’a frappé dans la formule du Réseau Mentorat, c’est qu’on n’est pas là pour recevoir des conseils tout faits. À bien y penser, quand on a la fibre entrepreneuriale, on n’est pas de ceux qui aiment se faire dire quoi faire. La relation mentor / mentoré est là pour penser. Pour réfléchir. Pour mettre des mots sur ce qu’on vit, ce qu’on sent, ce qu’on ne peut pas dire dans nos cercles habituels. Le mentor ne dit pas quoi faire. Il aide à regarder différemment et mieux voir. Et ça, c’est puissant.
Puis, un jour, on m’a proposé de devenir mentor à mon tour. J’ai hésité. Franchement. Je me demandais si j’avais « ce qu’il faut ». Est-ce que mon expérience était assez solide ? Est-ce que j’allais vraiment être utile à quelqu’un ? Finalement, je me suis lancé. Et je ne l’ai jamais regretté.
Depuis neuf ans, j’ai eu la chance (et le plaisir) d’accompagner quelques dizaines d’entrepreneurs. Tous différents. Tous brillants à leur manière. Est-ce que chaque duo a été un succès ? Non. Il arrive qu’il n’y ait pas d’alignement. Que la confiance ne s’installe pas. Et ce n’est pas grave. Mais quand ça clique, quand l’écoute devient mutuelle, quand on sent que ça avance, c’est une relation qui devient vraiment enrichissante.
Je ne prétends pas avoir un parcours exemplaire. Mon expérience est faite de bons coups et d’erreurs, de périodes d’élan et de périodes de doute. Mais ce n’est pas ça qui fait un bon mentor. Ce qui compte, c’est d’être là. Présent, attentif, ouvert. Et de respecter le rythme de l’autre.
Être mentor, pour moi, ce n’est certainement pas un rôle de guide. C’est accompagner. Être le prétexte qui crée un espace, un moment, une disponibilité d’esprit. Et à chaque rencontre, j’apprends moi aussi. J’ai grandi à travers les réflexions de mes mentorés, tout comme j’ai grandi grâce à mon père, à ses amis et aux mentors qui m’ont accompagné dans mon parcours.
Je suis reconnaissant envers le Réseau Mentorat. Pour ce que j’y ai reçu. Et pour ce que je continue de recevoir.
Alors aujourd’hui, je veux lever mon chapeau aux entrepreneurs. À leur courage, leur détermination, leurs remises en question. Et je veux saluer ce geste simple, mais essentiel : celui de s’asseoir ensemble, d’échanger et de partager.
À propos de l’auteur
Maxime Tremblay est entrepreneur depuis 1992. Il est président de Fin Finaud Consultant inc. et concepteur de Casserole.pro, un logiciel de gestion de projets conçu pour les petites entreprises de services. Mentor depuis 2016, il est aujourd’hui chef mentor de la cellule Centre-Est de Montréal au sein du Réseau Mentorat.